Bienvenus sur le blog « Les Picard sur La Méduse »

Mis en avant

A l’occasion de la commémoration du deux-centième anniversaire du départ de la frégate La Méduse du port de Rochefort et de sa perte sur la côte occidentale d’Afrique, les descendants d’un passager dénommé Charles Picard se réunissent pour la première fois.
Ce Blog a pour objectif de servir de lien entre les présents ou sympathisants.
Il vous transmettra :
– Les informations pratiques ayant trait au rassemblement.
– Les connaissances dont nous disposons sur la fin de la Méduse.
– Les précisions sur la généalogie familiale que nous sommes en mesure de fournir.

Nous attendons vos réactions et vos contributions en particulier sur les énigmes qui persistent sur nos ascendants.

« L’histoire du radeau de la Méduse » revue par VISITES PRIVÉES (France 2)

L’émission « Visites Privées », présentée par Stéphane Bern sur France 2, avec une équipe de reporters-chroniqueurs, dévoile les trésors et les coulisses du patrimoine et de ses institutions. Chaque jour il propose d’explorer une grande thématique pour découvrir autrement nos monuments, de revisiter le fonctionnement de nos institutions les plus prestigieuses, ou de révéler la face cachée de personnages illustres.

Lundi, 6 mars 2017, à 16:20 Alexandre Halimi a raconté « l’histoire du radeau de la Méduse »:

A la mode du pays (et II)

Par Bernard Ducros

Cette deuxième partie traite des liens de « à la mode du pays » et nos centres d’intérêt.

La chaumière africaine vue par Sylvain Sankalé
Il porte sur l’ouvrage de Charlotte un regard inattendu. Laissons-lui la parole.

« Enfin, Charlotte Adélaïde Picard a laissé un récit touchant du naufrage et de cette marche forcée à travers le désert pour rejoindre le fleuve, dans un charmant ouvrage paru à Dijon en 1824 sous le titre de la Chaumière africaine et dans lequel elle a eu la grande délicatesse d’exprimer sa grande gratitude pour l’accueil que ma famille et moi-même leur avons réservé ».

Le terme charmant peut surprendre pour qualifier la triste destinée des Picard au Sénégal. A la réflexion il parait bien fondé, mettant en relief une certaine candeur des deux jeunes filles confrontées sans ménagement à des évènements et situations hors du commun.

La place de nos ascendants
La perspective historique dans laquelle s’inscrit Sylvain Sankalé est plus large que notre chronique familiale. Du fait de ce décalage d’échelle, l’ouvrage confirme les faits que nous connaissons, mais ne nous apporte pas d’éléments nouveaux.
Par contre, il décrit l’état de dénuement dans lequel l’état français a laissé sa colonie, budget étriqués, promesses oubliées, retard considérable dans l’exécution des engagements, inconstance des orientions… Ce descriptif sans concession peut expliquer, en partie, les difficultés et les malheurs que nous relate la Chaumière Africaine. En ce sens, la lecture attentive de Sylvain Sankalé complète et éclaire le plaidoyer de Charlotte Picard.

Les points de rencontre des deux ouvrages
Les récits du naufrage, et des tentatives de sauvetage sont concordants. Charles Picard y trouve sa place même si cette dernière est moins en relief que dans la Chaumière. Normal, il n’était investi d’aucun pouvoir. Par contre il montra sa détermination et sa force de persuasion pour sauver sa famille nombreuse combien vulnérable. Il eut la confiance de l’estimé Blanchot qui en 1800 lui donna mission de faire prendre conscience au ministère de tutelle du dénuement de la colonie. Le jugement sur la mission est assez clair : Il

« revint avec la seule satisfaction d’avoir obtenu de procéder à une mission d’exploration dans la vallée du Sénégal qui lui tenait à cœur. Cette mission se soldat d’ailleurs par un échec… »

Il est cité, également, quand en 1809, lors d’un précédent séjour, il est amené à cosigner le traité de capitulation face aux anglais en tant qu’Officier de justice de la colonie.
L’auteur fait vivre de très nombreux personnages impliqués dans les évènements qui nous intéressent. Impossible de les énumérer ici. Contentons, nous, de deux d’entre eux. Les plus passionnés se référeront à l’ouvrage dans son intégralité.

Deux personnages centraux de la tragédie :
Le commandant de la Méduse Le Roy de Chaumareys qui s’était fait apprécier par la monarchie du fait de son exil dès les premières heures de l’empire et de sa participation à l’opération de Quiberon jugée héroïque. Bénéficiant de l’amnistie octroyée par Napoléon, il entre dans une phase de dormance en France. Il en sort avec le retour de la monarchie pour faire valoir ce qu’il pense être ses droits, un grade et un commandement. Il ne réussit que trop dans ses démarches et prend donc le commandement du convoi mené par la Méduse en partance pour Saint-Louis. Curieusement, il a conscience de ses carences mais laisse le soin de diriger le bateau à un inconnu aussi incompétent que lui plutôt qu’à ses officiers du bord. Pour le plus grand nombre acquis à l’empire, la communication entre eux et le capitaine était, pour le moins, difficile. Suit l’échouage et les conséquences que l’on connaît. Le verdict du procès faisant suite au naufrage peut être qualifié de léger mais cependant il en sort traumatisé pour le reste de son existence passé dans son château entouré de l’opprobre de ses concitoyens.
Le deuxième personnage portant une lourde responsabilité est le colonel Schmaltz nouveau gouverneur du Sénégal qui a joué de son autorité pour faire prendre des décisions néfastes répondant au souci qu’il avait de sa nouvelle fonction et non à la sécurité des naufragés. L’ouvrage de Sylvain Sankalé répond à deux questions : pourquoi la nomination de ce militaire et qu’en est-il advenu de sa mission.
Le colonel portait l’image d’un homme énergique et expérimenté, réputation acquise lors de missions dans les colonies néerlandaises de Bornéo, citées comme exemplaires et par la suite en Guadeloupe. En outre les étiquettes de bonapartiste ou royaliste ne l’embarrassaient guère Il quitta la Guadeloupe bonapartiste et accosta en France monarchiste. Le gouverneur qu’il fut de 1816-1821 tentât bien de transposer au Sénégal l’organisation économique qu’il avait connue. Il lui a manqué la juste perception des potentialités de cette région d’Afrique ainsi que la capacité de bousculer une organisation archaïque du commerce dominée par de puissants négociants, en particulier en ce qui concerne le circuit de la gomme, deuxième activité après la traite des noirs. Il fut pour finir licencié par Portal, nouveau ministre de la marine, qui avait une opinion très sévère sur son projet jugé utopiste et sur sa méconnaissance du territoire dont on lui avait confié la gestion.
Sans doute ces critiques étaient-elles fondées mais il faut craindre, en cette période de rigueur budgétaire, que l’état cherchait avant tout à remplir ses caisses. Ainsi il était demandé par le gouverneur un budget de 2.000.000 de Francs pour réaliser son projet alors que le ministère de tutelle ne lui en accordait que 1.200.000.

Deux ascendants présents dans l’ouvrage :
Deux personnalités en lien très direct avec notre famille tiennent une place particulière dans cette fresque historique. Il s’agit des deux amis fidèles de Charles Picard devenus les maris de Charlotte et de Caroline : Jean Dard et Claude Richard.

Claude Richard
Sa carrière brillante de jardinier-botaniste était déjà entamée quand il aborde les côtes d’Afrique en juillet 1816 après une traversée sans histoire sur la Loire, navire du convoi sensé être mené par la Méduse.

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Baron Roger

Il fut associé aux efforts du Baron Roger pour mettre en place une économie agricole adaptée au pays dont les deux objectifs étaient d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs africains et fournir des ressources à l’état français dont les besoins étaient pressants. Claude Richard s’est vu confier la création d’un jardin botanique dont la mission était d’étudier l’adaptation des différentes plantes autochtones ou importées à l’environnement africain et de préconiser les techniques culturales adaptées. Il a laissé un souvenir très apparent au Sénégal, le lieu où il a œuvré portant le nom de Richard Toll ,( Le jardin de Richard en ouolof). C’est aujourd’hui une région horticole et une ville en croissance. Quel bel hommage ! Richard Tool est situé dans la vallée du fleuve Sénégal au niveau de Saint-louis, (région du Oualou). Il s’agit d’un site caractérisé par une faible pluviométrie. « A la mode du pays » donne de nombreux et forts intéressants détails sur le projet du Baron Gérard, homme passionné et gouverneur entreprenant en tous domaines. Le projet cohérent du gouverneur Roger a malheureusement abouti de la même façon que les autres antérieurs. C’est-à-dire, changement de ministre en France, changement de politique au Sénégal et nouvelle nomination. Le Baron Roger, sentant les critiques monter, devance le ministre et démissionne pour mieux défendre sa vision du développement de la colonie. Le bilan établi reconnait des réalisations indéniables ternis par les abus perpétrés dans l’environnement du gouverneur. Certains chefs locaux du Oualou attachés à leurs pratiques ancestrales, marquent leur hostilité en détruisant des installations d’irrigation couteuses.
Le nouveau gouverneur Brou dans son rapport de prise de fonction conclut que le projet ambitieux du Baron Roger est utopique et rejeté par ceux-là même qu’il est sensé satisfaire. A Paris il est décidé de revenir à des objectifs sans ambition et de maintenir au Sénégal que des comptoirs à objectifs uniquement commerciaux. Décision désastreuse bien qu’elle fut largement approuvée par la population locale. Ce commerce était assis sur des bases archaïques, la traite dont la fin était enfin programmée et la gomme arabique production sans avenir du fait de la concurrence et des avancés technologiques faisant apparaître des produits de substitution. La globalisation terme qui nous est devenu familier était en marche.
Claude Richard conscient de la précarité des réalisations aux quelles il s’est consacré, jette l’éponge. Sylvain Sankalé exprime ainsi son désenchantement :

«En septembre 1827, Richard, dégouté du Sénégal, partit en congé de convalescence, avec la ferme intension de ne plus y revenir. J’ai appris depuis qu’il avait en définitive continué sa carrière à l’ile Bourbon où il s’est installé en1830».

Il fut suivi par le reste de ses collègues.

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Le fort de Richard-Toll, au confluent du Sénégal et de la Taouey ( 1890)

Jean Dard
L’ouvrage qui retient notre attention consacre une part importante à l’éducation et tout naturellement Jean Dard, ascendant de la branche Charlotte, y a sa place.
Débarqué en 1816 à Saint-Louis, il en fut le premier instituteur.
L’enseignement coranique en place était particulièrement inefficace. Il consistait en la répétition sans les comprendre des versets du coran qui plus est en arabe, langage très mal maîtrisé par les enseignants eux-mêmes. En outre seuls les garçons méritaient d’être éduqués.
Jean Dard, était porteur de deux idées neuves :

  • la nécessité se démultiplier l’efficacité des enseignants par une organisation basée sur les meilleurs élèves agissant en appui auprès de leur condisciples moins avancés (méthode anglo-saxonne Bell et Lancaster expérimentée aux Indes dite de l’enseignement mutuel)
  • dispenser l’enseignement en s’appuyant sur une langue couramment utilisée par les élèves, en l’occurrence l’ouolof.

Ses opposants nombreux, considéraient que la langue locale non écrite était l’image de l’infériorité des autochtones sénégalais. Jean Dard plaidait, lui, l’égalité des capacités des blancs et des noirs et démontrait la possibilité de faire du ouolof une langue écrite en créant un dictionnaire ouolof et une grammaire bambara.
La contestation des méthodes Dard était portée par les représentants de l’église catholique. Faute d’être soutenus par une société peu pratiquante et de ce fait d’avoir la capacité de jouer un rôle dans l’éducation. Ils trouvaient là l’occasion de s’exprimer.
Un dénommé Giutelli, ex préfet apostolique du Sénégal qui avait des comptes à régler avec la colonie, suite à son expulsion par le Gouverneur Schmaltz le 17 avril 1817, moins d’un mois après son arrivée, mena une campagne diffamatoire contre Jean Dard, allant jusqu’à l’accuser d’avoir épousé Charlotte Picard pour se faire une vertu et faire oublier sa liaison avec une femme africaine et l’existence d’un fils né de cette union. Profondément choqué il rentra en France pour raison de santé. Au cours de ce séjour il lui fut signifié son licenciement par le ministre avec l’assentiment du Baron Roger. Ces dispositions expliquent le repli en Bourgogne du couple Dard de 1820 à 1832.
Durant son absence d’incessants changements de politique d’éduction et de personnel aboutissent à la réinsertion de Jean Dard en 1832. Malheureusement son décès inopiné le jour de la rentrée scolaire de 1833 marque la fin de sa mission et le retour aux éternelles tergiversations.

« A la mode du pays » et notre histoire familiale
Pour ma part, j’ai lu et relu cet ouvrage avec une certaine avidité tellement il m’a captivé. J’ai quitté le Sénégal à l’âge de 15 ans et suis resté très attentif à ce qui s’y passe. Il me manquait des informations sur le substrat historique. C’est ce que Sylvain Sankalé m’a apporté avec talent. Un regret, c’est qu’il n’ait pas poursuivi son analyse jusqu’à l’époque actuelle
Je conçois que les attentes des lecteurs assidus du Blog soient différentes.
Il s’agit d’un ouvrage qui couvre une période beaucoup plus importante que la phase africaine de la lignée Picard. Il s’agit aussi d’un ouvrage qui rentre dans le détail des règles de fonctionnement de cette société associant le cadre coutumier et le cadre légal. Il va donc au-delà de notre attente.
Par contre il place bien l’aventure africaine des Picard dans son contexte. Il parait également utile à ceux, qui féru d’histoire, cherchent à approfondir leurs connaissances. Ils ont là un gisement d’informations dont chaque veine correspond en soit à un sujet particulier (économie, droit, justice, religion, coutumes, éducation…).

À la mode du Pays (I)

Par Bernard Ducros

À la mode du pays 1 Cet ouvrage de Sylvain Sankalé nous a été recommandé par Marie-Noël Guénon. Il a été signalé dans le blog et à cette occasion Catherine Puzo demandait s’il comportait des précisions sur la famille Picard pouvant nous éclairer dans nos recherches. Avec retard je vais tenter de lui répondre. Retard dû à l’attente d’une réédition et au délai nécessaire pour assimiler 375 pages riches en informations et en réflexions.

La présentation de l’ouvrage comportera deux parutions. La première traitera de l’ensemble du document, la deuxième des aspects liés aux Picard et à « La chaumière africaine ».

Un ouvrage original
L’ouvrage est en premier lieu original dans sa conception. Thèse de doctorat transposé en en un traité d’histoire lui-même inséré dans un récit familial. Il s’agit du parcours africain de l’ancêtre de Sylvain Sankalé qui a débarqué sur l’île de Saint-Louis le 2 mai 1788. Il ne le savait pas encore, c’était un aller sans retour.
Le récit familial donne le tempo et permet de placer l’auteur en position de témoin averti. Tous les sujets sont développés au rythme où l’acteur du récit les aborde. Ce procédé rompt la monotonie qui pourrait résulter de la lecture d’un manuel ou un traité d’histoire.
Le titre un peu racoleur, évoque les mariages temporaires souscrits par des européens avec des africaines au cours de leurs séjours solitaires en Afrique. J’en connaissais l’existence, par contre je n’en soupçonnais ni la généralisation ni le caractère formel. Ces mariages restaient en marge des règles et lois françaises. L’auteur en révèle les conséquences dans le compte-rendu du procès pour déterminer les droits de la compagne africaine de son ascendant et de ses filles, suite à son décès.
On peut aussi penser que le terme « mode du pays» couvre, d’une façon plus large, les règles spécifiques au Sénégal, toujours en place, et se juxtaposant avec celles du colonisateur européen.

Le contenu de l’ouvrage
Réduire la portée de ce livre à ces épisodes comme l’incite le titre, serait une erreur. Il s’agit, en fait, d’un panorama complet et détaillé de la période charnière de l’histoire du Sénégal que fut la fin du dix huitième et le début du dix neuvième siècle, de 1788 à 1835 précise l’auteur, couvrant donc 47 années. Une histoire complexe à l’image de la France à la même époque. Aux incertitudes et aux fluctuations métropolitaines s’ajoutent les contingences locales dont les principaux facteurs furent :

  • La juxtaposition de la rigidité de l’administration française et une organisation tribale en place aux contours difficiles à cerner et prête à tirer partie des dissensions des européens.
  • La précarité créée par les voisins mauritaniens aux traditions guerrières et réputés esclavagistes dangereux. Ils s’immisçaient dans les querelles locales et les razzias menées en territoire Sénégalais étaient redoutées.
  • Le conflit permanent plus ou moins armé avec l’Angleterre, toujours présente et prête à exploiter nos faiblesses en particulier en ce qui concerne le respect des engagements portant sur l’abolition de l’esclavage.
  • La mutation difficile d’une économie purement marchande vers une économie à visée colonisatrice. Cette mutation s’avérera au dessus des moyens d’un état appauvri par les années de révolution et de guerre.
  • La mise en œuvre chaotique de l’abolition de l’esclavage, commerce odieux mais tellement facile et fructueux pour tous, fournisseurs (notables locaux), et acheteurs (commerçants européens). Le remplacement de ce commerce par des activités assurant à la fois l’essor de la colonie et les profits attendus pour redresser les finances publiques de la métropole ne fut pas un succès. Les raisons de cet échec sont multiples. Citons-en, pour simplifier, deux : la sous évaluation des difficultés à s’implanter à l’intérieur du pays, préalable nécessaire, et la méconnaissance par les décideurs nationaux et locaux du contexte sénégalais et des potentialités de cette portion d’Afrique. La fonction de gouverneur n’attirant guère des postulants capables, il s’en est suivi une succession de personnages jugés médiocres qui ne trouvent pas grâce aux yeux de l’auteur, à l’exception du colonel Blanchot (1789-1790 et 1802-1807) et en partie du Baron Roger(1821-1827).
    Le gouverneur Roger fut le seul à avoir une vision à la fois ambitieuse et réaliste de l’avenir de la colonie. Le seul également à avoir la volonté de mener au bout les réformes nécessaires. Il ne fut pas suivi par le ministre Chabrol et il préféra démissionner. D’aucuns font une analyse moins flatteuse de l’œuvre du gouverneur entachée par de nombreuses irrégularités perpétrées par son entourage. Ainsi d’inconstances en abandons, nous arrivons à la fin de la période traitée dans l’ouvrage de Sylvain Sankalé. Elle laisse présager des moments difficiles. La colonie réduite au simple rôle de comptoir commercial sans avenir car bâti sur des bases archaïques et dépassées la traite des noirs et de la gomme arabique. Nous aurons à y revenir.

UNE SUITE
L’histoire relatée est donc sensée prendre fin avec la mort de l’ancêtre de Sylvain Sankalé dont la vie a servi de fil conducteur tout au long de l’ouvrage. En réalité, une note complémentaire nous accompagne jusqu’en 1854, date de la nomination au poste de Gouverneur d’un jeune capitaine du génie nommé Faidherbe en poste à St Louis depuis 1852. Au cours des 20 ans écoulés entre 1835 et 1854 les tergiversations et les erreurs d’orientation déjà dénoncées ne font que s’accentuer Un indice, on décompte au cours de cette période plus de 20 gouverneurs titulaires ou intérimaires ! Cependant, commence à poindre un espoir. Nécessité faisant loi, les recherches de débouchés nouveaux reprend et aboutissent, fait notable, à l’acclimatation d’une plante oléagineuse venue des Indes : l’arachide, promis à un bel avenir.
L’année1854 marque une véritable césure. Les 10 ans de la gouvernance Faidherbe en deux périodes (1854-1861 et 1863-1865) apportent une cohérence de comportements mais en contre partie donne prise à la critique sur les finalités poursuivies. C’est là un nouveau débat auquel il ne nous appartient pas ici de prendre part.

Meilleurs voeux

voeux2016

Deux mille seize s’achève, chacun appréciera cette année écoulée selon les joies ou les peines qu’elle nous a réservées. À nous tous, descendants Picard, restera longtemps le plaisir que nous avons eu de nous retrouver ou souvent de nous découvrir à Rochefort.

Certes, nous ne pouvons espérer le renouveau chaque année de tels moments intenses, nous pouvons par contre, disons même nous devons perpétuer l’esprit « Rochefort 2016 » par des rencontres plus restreintes selon les opportunités familiales ou géographiques et aussi en alimentant le blog de nos interrogations et de nos réflexions.

Profitons également de l’intermède 2017 pour préparer un futur millésime d’exception. De branches en branches des idées circulent… déjà !

Nous vous souhaitons de bonnes et heureuses fêtes de Noël et une année nouvelle correspondant à vos aspirations et vos désirs.

L’équipe du Blog Méduse Picard

M et Mme Olivier, une branche de la descendance Bernier – Quand la généalogie est une leçon d’humilité

par Catherine Mermoud Puzo, avec la contribution de Michel Hanniet

Dans un article publié récemment sur le blog, La chaumière africaine en version manuscrite ou dactylographiée, Michel Haniet avait fait une erreur de typographie, aussitôt détectée par Bernard Bernier.
J’avais confirmé l’erreur, et j’avais cherché sur le web plus d’information pour compléter l’article de Michel Hanniet.
Mon arbre généalogique en ligne faisait déjà référence à Marguerite Bernier et son époux « Ollivier ».
J’ai donc cherché sur le web Maurice Olivier et un asile a Bois Ste Marie, en Sâone et Loir .
J’ai trouvé qu’un Maurice Olivier avait été directeur d’un asile dans le Loir et Cher, grosso modo aux même dates, ce Monsieur étant aussi maire de Blois. Ce sont les liens que j’ai mis dans ma réponse à l’article de Michel Hanniet sur le blog.

J’ai aussi cherché l’acte de naissance de Marguerite Bernier à St Denis de la Réunion, puisque Michel Hanniet nous donnait la date exacte. Je ne l’ai pas trouvé. Pourtant Jullien Bernier était bien rapporté comme étant à l’ile de la Réunion cette année la. Cela m’interpellait.

Sur mon arbre en ligne, j’avais déjà le prénom des enfants de ce couple, et leur année de naissance, ce qui ne correspondait pas aux indications de Michel Hanniet dans son article. Il me semblait qu’il devait y avoir un décalage de génération.

Voici la réponse de Michel Hanniet :

A l’intention de Catherine Puzo qui s’est heureusement aperçue que par erreur j’avais écrit Mr Bernier à la place de Mr Olivier, ainsi qu’aux si nombreux descendants de la branche Caroline, je crois bon de préciser que Bois Ste Marie est un petit village de Saône et Loire connu pour son église romane bien conservée et par son établissement de bienfaisance fondé par la famille du Comte de Rambuteau longtemps appelé “ asile” et devenu aujourd’hui maison de retraite. Il me paraît plus utile encore de vous donner copie de l’essentiel de la lettre qui m’avait été envoyée le 16 mai 1990 par Mme Corneloup habitante de la commune de Bois Sainte Marie qui avait eu un lien d’amitié avec Mme Marguerite Olivier née Bernier.

“J’ai bien connu cette famille depuis son arrivée à Bois Ste Marie vers 1930-31 et jusqu’au départ de Mr Olivier vers 1950. J’ai eu, avec eux tous, les meilleures relations amicales. Madame Olivier me parlait souvent des Hébrides, surtout des bals et réceptions chez le gouverneur anglais où elle et son mari étaient conviés. Je ne sais rien de sa famille sauf qu’elle avait un frère demeurant à Paris qui, chaque année, venait avec sa femme et ses trois enfants passer quelques semaines de vacances, à Bois Ste Marie, chez sa sœur.
Pour vous donner des renseignements sûrs, il a fallu que ma nièce aille consulter les registres de la Mairie. Voici les renseignements extraits de l’acte de décès de Madame Olivier en date du 19 mars 1941 : Marguerite Bernier, née le 5 novembre 1890 à Ile Saint-Denis (Seine), fille de Julien Bernier décédé et de Marie Julie Marguerite Deschamps, domiciliée à Nouméa (Nouvelle Calédonie). ( Mme Olivier ne m’a jamais parlé de sa mère, pourtant encore vivante, et restée seule à Nouméa, après leur départ. ) Mr Olivier avait une sœur, Mme Demortière, libraire à Lyon dont la belle-mère, Madame Demortière, avait elle-même vécu aux Hébrides.
Voici maintenant ce que je sais des trois enfants Olivier qui se sont mariés à Bois Ste Marie : Elisabeth, le 16 décembre 1939 avec Jean-Philippe-Alfred Baudin, ingénieur agricole, domicilié à Montpellier – Geneviève a épousé, le 16 février 1940, Roger Paul Joassard, professeur – Paul a épousé une jeune fille de Charolles, nièce de l’unique armurier de la ville, mais j’ai oublié son nom. Mme Paul Olivier est devenue directrice de l’école de plein air de Vaudebarrier. Elle a eu deux enfants et a divorcé. Elle doit être en retraite en ce moment, peut-être à Charolles même, je ne sais rien d’elle.”

Il devrait être possible de se procurer copie des extraits des actes de décès et de mariages couchés sur les registres de la mairie de Bois Ste Marie. Il serait bon aussi de rechercher ce que sont devenus Elisabeth, Geneviève et Paul Olivier et les enfants qu’ils ont pu avoir afin de compléter les tableaux généalogiques de la multitude des descendants de Caroline Picard.

* * *

Marguerite Bernier n’est donc pas née à St Denis de la Réunion, mais à L’île St Denis, la plus petite commune de la Seine St Denis, à l’époque dans le département de la Seine.
Les archives de ce département ne sont pas encore toutes numérisées, nous ne pouvons pas retrouver facilement l’acte pour confirmer.
Cependant Christian Martinez et l’association Genneocal ont publié sur calameo.com :

On y trouve que « Marguerite Marie Elise Bernier est née le 5 Novembre 1893 à l’île St Denis, Seine, qu’elle a été baptisée à Nouméa le lundi 2 juillet 1894, qu’elle épouse Maurice Olivier et qu’elle est décédée en 1941. »

La date de naissance semble donc confirmée en 1893 et non 1890 comme dans la dernière réponse, mais les fautes de frappe sont si facile à faire.

Pour l’asile dont Mr Maurice Olivier était le directeur. Si l’on cherche « Asile Rambuteau Bois Ste Marie » sur internet, on trouve un autre EHPAD, « l’EHPAD Rambutteau », à Bois Ste Marie dans la Saône et Loir. Cette fois, je n’ai pas trouvé mention de ses différents directeurs. Sans doute un autre Maurice Olivier en a t-il été le directeur à peu près aux mêmes dates que pour l’asile de Blois, dans le Loir et cher. J’avais donc fait un recoupement un peu hâtif.

Pour les noms des enfants de ce couple, et leurs dates de naissance : Dans sa lettre, Mme Corneloup, n’indique pas les dates de naissance, mais les dates de mariage des enfants. Du coup, les dates que j’avais dans l’arbre en ligne sont sans doute exactes, pour se marier en 1939 – 1940, on peut effectivement être nés entre 1912 et 1920.

Voila donc plusieurs mystères qui s’éclaircissent. Nous pouvons donc maintenant effeuiller une nouvelle branche Bernier, comme nous le suggère Michel Hanniet, sur des bases sans doute plus sûres.

Réécouter Les naufragés de la Méduse dans LA MARCHE DE L’HISTOIRE

Vous avez manqué l’émission de LA MARCHE DE L’HISTOIRE sur les naufragés de la Méduse? Voici le lien qui vous permettra de l’écouter ou réécouter:

radio

Les naufragés de la Méduse sur LA MARCHE DE L’HISTOIRE

Chaque jour, Jean Lebrun brosse le tableau d’un événement, le portrait d’un personnage et le récit d’une époque étayés par des archives et des témoignages dans son émission « LA MARCHE DE L’HISTOIRE« ,sur France Inter à 13h30.

Demain, mardi 6 décembre Jacques-Olivier Boudon sera l’invité de Jean Lebrun pour évoquer le Naufrage de la Méduse. Parmi les références l’oeuvre de Michel Hanniet.

Si vous ne pouvez pas écouter l’émission il vous sera cependant possible d’écouter en replay, et nous essayerons de la transmettre dans notre blog.
Nous remercions Michel Hanniet de nous en avoir prévenus par courrier et Jean-Jacques Boudon par le biais de son site sur facebook.

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